Il ne faut pas confondre : un jour normal sur l’eau, et un ormeau dans l’eau. Dans ce second cas, même si ce coquillage qui est un gastéropode en mode escargot qui porte sa maison sur son dos, et donc pas fermé comme une huitre, il semble peu accessible pour des discussions détendues et avec une ouverture d’esprit. Non, non, je te vois venir, je ne juge pas le fait qu’il n’ait pas de cerveau centralisé, je connais quelques personnes autour de moi qui ne semble pas mieux équipé, et je ne suis pas convaincu qu’elles en aient conscience, mais moi, je fais avec, ou du moins sans pour le coup; je ne juge pas non plus le fait qu’il a une langue… rugueuse, et qu’elle ne nous permette pour autant pas de parler la même langue… ça aussi, j’en ai dans mon entourage, ça pique un peu au début, mais je commence à m’y habituer… Par contre, je ne supporte pas les gargouillis que ça fait au fond de l’eau. Vois le truc :
_ Ça va Mr Ormeau?
_Blublubluuuuuublubluuuuu…
Tu visualises là, la barrière de la langue? Huuuuuum, ça sent le préjugé tout ça. Pour autant, on est bien d’accord qu’un ormeau dans l’eau est aussi normal qu’un jour sur l’eau pour des régatiers? Alors tout va bien dans le meilleur des mondes, parce que cette journée, c’est le sujet de mon reportage.
On est samedi matin, et on arrive au Lac au Duc de Ploermel, pour un stage d’entrainement de ligue Bretagne FFV, en vue du championnat de France de MiniJI Handivalide qui aura lieu début Juillet au CVRL en Ariège. C’est quoi? Bah un championnat sur 6 jours, qui regroupent les régatiers français sur un chouette support, le MiniJI. C’est une réplique à l’échelle 1/7 des 12 mètres JI de la coupe de l’América, insubmersible, et quillard léger à la coque d’un peu moins de 60 kg, mais lestée en plus de plusieurs gueuses d’un total d’environ 100Kg et mesure 3m65 pour un tirant d’eau de 65cm. Bref, c’est un bateau, de voile légère quoi, qui permet de matcher entre skippers sur une jauge monotypée à armes égales. Si tu es bien concentré, tu as bien lu que c’est un championnat de France Handivalide. Kézako? Et bien la recette est simple : suivant le(s) particularité(s) de chaque concurrent, l’équipement du bateau est adapté pour compenser les difficultés rencontrées par chacun, ainsi on peut avoir un volant, un palonnier, voire une manette. Loin d’être des avantages, mais permettant à tous de pouvoir manœuvrer en compensant par des aménagements, bien ancrés dans leur siège baquet, les skippers valides ou pas rivalisent à armes égales, ou l’art et la manière, au delà de l’équité de faire la part belle à l’inclusion.
Ce matin, on arrive dans le brouillard. Non, je n’ai pas fait la fête hier soir, mais si tu veux tout savoir, j’ai tout de même passé une sale nuit. Mais pour de vrai et pas pour du beurre, y a un brouillard à couper au couteau. Les paysages sont assez dingo, j’adore. On a un réveil feutré, et calme. Alors que certains commencent à gréer leur bateau, d’autres préfèrent discuter, chacun y va à son rythme. Puis vient le temps où tout le monde compte ses toiles d’araignées… C’est juste incroyable le travail des petites arachnides en une nuit, et moi, ce sont les gouttes de rosée que je compte.
Après un bon briefing en salle sur les règles de courses, les régatiers n’ont pas boudé leur plaisir de se glisser dans leur bateau, parce que faut pas se mentir, la théorie il en faut, mais le plaisir, c’est d’être sur l’eau. Malheureusement, le vent n’est pas de la partie. Alors c’est retour au club pour se restaurer.





































C’est à ce moment là que le maitre nageur, le héron, voit son nouveau groupe arriver… à son plus grand désespoir. Alors que les canards donnent tout en espérant secrètement entrer dans le groupe de natation synchronisée, le Patapon dépité feint de leur montrer avec élégance comment plonger, et en profite pour prendre la poudre d’escampette.




Et pour clore l’affaire en douceur, la bergeronnette entre en scène, au taquet, et annonce qu’il est l’heure de passer à table…


Le repas se poursuit avec de longues discussions pour refaire le monde avec le sourire, tout en gardant un œil sur le plan d’eau. Soudain, un des régatiers estime que le vent rentrer suffisamment pour aller jouer un peu sur l’eau. Il est suivi par 3 autres bateaux qui veulent tester des réglages évoqués… On est mieux là qu’au bureau, le vent est toujours aussi taquin, mais c’est le jeu.
















Et voilà une journée qui se termine. Ce stage dure 4 jours, mais je ne pouvais venir qu’aujourd’hui. Momiflette aurait préféré évidemment plus de vent pour faire des photos plus dynamiques, mais maintenant que l’on a découvert ce support et ces skippers motivés et vraiment sympas, on va garder un œil dessus, en espérant un jour pouvoir te montrer des photos avec plein de splash, de splouch, et de voiles dégoulinantes.
En conclusion, c’est clairement un très beau jour normal sur l’eau, sans un ormeau.
Merci à tous ! 😉