le Vendredi au festival du Roi Arthur 2026

Exceptionnellement cette année, je peux partir de bonne heure en toute quiétude, pour rejoindre les terres de Mafeu, où l’on trouve le royaume du Roi Arthur. On choisit donc notre place avec le van pour planter notre camp de base pour les 3 jours. C’est donc avec une vue imprenable sur les vaches du voisin que nous nous installons, sans autre vis à vis, dans un cadre champêtre : l’armure est dans le pré !
Après s’être assuré que tous les sacs étaient prêts, je me suis accordé une micro sieste, pendant que Momi se renseignait de la météo. Bien lui en fait, la pluie s’invite, au moment où un copain vient toquer à la porte, en mode chaton qui veut s’inviter sur tes genoux, sauf que là, le gaillard, il est dégoulinant et cherche juste un asile. C’est assez étrange ce mot d’ailleurs… Veut-il juste se mettre en sécurité, ou a-t-il conscience que chez nous, l’asile serait plutôt psychiatrique à en croire mon entourage? Perso, je ne les écoute pas, je vais bien, et même que d’abord, j’ai plein de copains. C’est plutôt eux qui sont bizarres soit dit en passant : ils s’habillent tous pareil, avec une blouse blanche, et n’arrêtent pas de me donner des bonbons, mais je ne les vois jamais en manger.
Bref, une fois la pluie passée, c’est pile poil l’heure de partir pour rejoindre l’espace presse.

Si j’ai grand plaisir de retrouver les frimousses connues, je fais connaissance également avec de nouvelles têtes tout aussi sympathiques. Mais l’enchainement est rapide, car la première scène va démarrer.
C’est classique, c’est le vainqueur du tremplin qui ouvre les festivités. En l’occurrence cette année, une gagnante, Kayceee. Du haut de ses 21 ans, la rennaise montre une belle présence sur scène. Avec un son dominant R’B / pop afro, elle arrive à chanter en performant, mais pas que. Kayceee ne se sépare pas de son saxophone dont elle joue depuis toute petite. Belle maitrise .

C’est au tour de la scène King-Dôme et son univers celte de prendre vie avec Talea. Le trio rennais nous plonge dans la culture irlandaise.

La démocratie et la liberté d’expression envahit la scène Lancelot avec The Spitfires. Autant te dire que ça déménage. Pas la peine de perdre du temps à te coiffer pour aller les voir : tu es très vite pris par des spasmes dans les jambes qui te poussent à jumper, à crier, à lever le poing… tu finis quoiqu’il arrive en sueur, potentiellement avec une vertèbre tassée, un genou retourné, mais un putain de sourire et bien être. Ne cherche pas la licorne, y en a pas, à part éventuellement la corne pour faire un énorme fuck contestataire, en mode exutoire. Assister à un concert des britaniques, c’est pousser un gigantesque cri primaire et enthousiaste sur un excellent son punk-rock. J’adore.

Retour sous le chapiteau, pour cette fois rencontrer Klara Ninn. Alors il faut que je t’avoue un truc : je suis l’antithèse complète du physionomiste au point où ça frôle la pathologie. Et parfois, je ne sais d’où ça me vient, je crois reconnaitre des gens, et ça révèle parfois complètement faux, ou parfois ça finit par matcher. Je me souviens d’une fois sur ce même festival, où j’ai reconnu miraculeusement, un artiste totalement grimmé que j’avais rencontré des années auparavant dans un tout autre projet… bon, là, j’avais été aidé par sa voix… Cette fois, c’est le DJ que je repère. Et un truc de dingue, je le remet en direct : c’est Dj iBriL, qui joue avec les frères Plantec. Quand à Klara Ninn, il a fallu que je revienne à la maison, pour me rappeler qu’elle jouait avec Jean-Charles Guichen. C’est donc un nouveau projet que je découvre en mode « le frère de l’oncle du cousin de sa petite soeur…  » Une scène souriante mais puissante qui défend la culture bretonne avec modernité.

On reste sur la scène King-Dôme, en enchainant avec Armens. C’est en 2009, avec la deuxième édition du Fetsival du Roi Arthur que je les ai découvert. C’était donc hier, ou presque. Entre temps, le groupe avait fait le choix de faire autre chose, une sorte de pause. Ce n’est que l’année dernière en 2025, que le groupe s’est retrouvé, pour leur plaisir, mais aussi celui de leur public. Et quelle bonne idée ! Les lorientais n’ont rien perdu de leur générosité, bien au contraire. Le rock breton est bien vivant !

Comme je suis vieux, et du coup un poil (simiesque pour le coup) nostalgique, je te mets une vidéo vieille de 17 ans, la deuxième édition. C’était cette année là, où Armens était passé au festival du Roi Arthur, en 2009 comme je te disais… et voilà à quoi ressemblait le site à l’époque. Il faut s’en souvenir. Il y a un boulot de dingue derrière tout ça. Partir de zéro, s’investir à fond en prenant le temps de réfléchir, d’avancer, de se remettre en question, en s’entourant d’une équipe de bénévoles incroyables, et en arriver 17 ans plus tard à créer encore un nouvel espace « Merlin le chanteur ». Je n’ai rien à dire d’autre que je suis admiratif et reconnaissant de tout cet investissement qui porte ses fruits.

Les Nova Twins, une de mes plus belles découvertes que j’ai faite en arpentant les routes des festival. C’était il y a 3 ans. J’avais pris un coup de massue.
Et je ne suis pas déçu. La magie opère encore. Il ne s’agissait pas d’un coup de surprise. La scène Lancelot vibre sous un son assurément rock. Un duo anglais complice qui montre un vrai plaisir de jouer (au sens noble du terme) de la musique. Elles invitent sans chichi le public à jouer avec elles. Mais quel bonheur !!!

Alors que j’ai passé un bon petit moment à me promener sur le site, je me retrouve à enchainer les scènes, et en plus avec beaucoup d’émotions fortes. J’ai le cœur qui frappe, en mode « encore encore, je ne veux pas partir », mais ça s’enchaine, je cours avec autant de plaisir à me retrouver en fosse pour la scène suivante. Un enthousiasme qui fait boule de neige, et quand on sait qu’il fait au moins 30° à cette heure, j’ai envie de te dire que la neige à intérêt à être coriace.
C’est encore des filles pour encore du rock que je m’empresse de retrouve sous le chapiteau de la scène King-Dôme. Pour tout te dire, ce sont des retrouvailles pour moi : les Toxic Frogs. Alors que je trainais dans les bars de Lorient pour faire les concerts off du Festival Interceltique de Lorient, et retrouver notamment les copains de FFR Celtique Fiesta, je suis tombé sur un groupe assez incroyable venu de Lyon. filles qui portent bien leur nom, à jumper de partout avec une énergie assez dingo. Ce que je ne savais pas, c’est que c’était leur début. Autant moi, j’ai trouvé ça directement hyper intéressant, autant elles elles l’ont pris comme un une formation exigeante, en terme de rythme où les concerts s’enchainent tous les soirs, et d’adaptation aux différentes scènes et public en fonction des heures.
Ce n’est pas un hasard si ce groupe est exclusivement féminin, bien au contraire, c’est un choix. Ella Beccaria, violoniste de formation dès son plus jeune âge, aime le rock, tendance punk rock, mais pas que… après être passé dans différentes formations où elle a appris le chant, elle s’est épanouie dans le rock celtique, dans le groupe Celkilt. Un peu seule au milieu des gars, elle s’est dit que le rock appartenait aussi aux filles. Et de là est né les Toxic Frogs. Elle a cherché et elle a trouvé 4 autres miss toutes aussi débordantes d’énergie et d’enthousiasme, et je peux te dire qu’elles se sont bien trouvées ! Si Ella a impulsé la formation du groupe, aujourd’hui chacune a sa place et son mot à dire, et ça fonctionne bien. Elles ont toutes un tempérament bien trempé, et si elles sont toutes assurément rock, bondissantes et avouons le bien agréablement déjantées, elles ont opté pour le celtique pour la touche de festif que ça apporte. « Et pourquoi pas le celte à Lyon? Lugudunum a bien été considérée comme la capitale (administrative) des Gaules? » éclate dans l’échange, armé d’un gros clin d’œil. Ne pas se prendre au sérieux tout le faisant sérieusement, leur va tellement bien.
10 ans plus tard, j’ai le même plaisir de les retrouver sur scène. On se retrouve dans un pub entre potes, on s’amuse, on chante, on rigole tous ensemble. Et par effet dynamo, on fait un plein d’énergie. Si jamais tu les vois programmées, fonce. Tu me remercieras deux mois plus tard, le temps de te remettre de tes émotions et de finir tes séances de kiné post jumps de grenouilles… parce que tu peux pas t’empêcher de les suivre. 😀
Et en attendant, tu peux toujours les découvrir avec leur dernier EP sorti en mars 2026, « The Green Night ».

Timmy Trumpet est pour le coup, un des noms qui m’a fait sur-kiffé cette programmation 2026. Si tu me connais un peu, je ne suis pas fan de base des DJ. Mais par contre, je me laisse aisément prendre dès que l’artiste se sort les doigts du… mixeur, et fait force de proposition. Et comme le cuivre est souvent un révélateur chez moi, je ne pouvais qu’être super curieux de découvrir Timmy Trumpet.
Alors pour le coup, c’est une découverte incroyable fidèle à mes attentes. Y a de l’énergie, de la complicité avec le public, du bon son, de la scèno un peu dingo, et du sourire en veux tu en voilà ! Le show est rodé, l’australien reste à l’écoute de son public et y glisse naturellement des interactions. Mais que c’est bon !

On vient sur un festival pour sa programmation, mais on s’y attache par son ambiance. Comme tu le sais, je suis très attaché au Festival du Roi Arthur, pour son univers. Quand on met le pied sur le site, on rentre dans le royaume. Tout est pensé pour que le lâcher prise opère, et que l’on profite autant de la programmation que des animations. On y fait de jolies rencontres, toujours souriantes. Et c’est donc avec un grand plaisir que je te mets pour clôturer cette journée du vendredi, quelques photos d’ambiance…

Un grand grand merci à l’orga, aux artistes, les bénévoles, à la Sécu, et à tous ceux que j’ai croisé/retrouvé.

Ne pars pas trop loin, la suite du Festival du Roi Arthur 2026 ne va pas tarder ! 😉

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