C’est un réveil en douceur au camion en ce samedi matin. Je crois être le premier réveillé, mais Momi est en fait déjà partie courir quand je me décide à sortir du duvet. Pour tout te dire, je ne sais pas bien si à chaque fois qu’elle part avec sa robe de princesse et ses talons hauts, je dois la croire quand elle me dit qu’elle va faire du running. Tout ce que je sais, c’est que ça nous arrange bien tous les deux, je fais mine de la croire, et ça me fait des temps de pauses sans l’avoir sur le dos, elle, et son humour débile.
Une douche et un petit dèj plus tard, le van se transforme en bureau pour la donzelle, qui s’occupe de recharger les batteries dans tous les sens du terme, et de finir de classer ses photos d’hier soir en dossiers. La journée est bien calme, je cherche par réflexe quelques copains que je sais pourtant absents, mais qui passent d’habitude pour un café ou une bière suivant l’heure… Je ne me laisse pas abattre, je consulte les horaires du soir, pour me mettre un peu dans le rythme.
J’arrive à l’espace presse suffisamment tôt pour travailler un peu, à la grande surprise des copains qui ont plutôt l’habitude de me voir me la couler douce à cette heure là. Mais comme toute bonne chose a une fin, après m’être fait chambrer comme il se doit, je sors pour discuter un peu. Et là, une surprise arrive, et me fait dire que cette soirée va être excellente ! Oh oui, un si grand merci à Maëlle d’être venue !!!

Hey, bienvenue les vannetais ! Vonsharon n’ont pas eu beaucoup de route à faire pour venir : simple, efficace. Et tu sais quoi, c’est un peu leur marque de fabrique : simple, efficace ! Le duo n’y va pas par 4 chemins. On est comme dans une urgence à vivre, à ne pas perdre de temps dans des détours, à se donner le droit de s’exprimer. Avec eux, on a le droit d’avoir des peurs, on a le droit d’avoir de la tristesse, qui s’extériorisent à travers leurs paroles, mais aussi avec leur son à la fois simple pour le coup (une guitare, une batterie, une voix parfois 2), et très incisive et percutante. On en ressort essoufflé, entre fuite et lâcher prise, mais surtout apaisé comme si leur set était finalement un exutoire : efficace. Jolie découverte.













AaaaAaaaAaahhhh The Blue Butter Pot ! Déjà 14 ans de scène pour ce duo qui ne devait être qu’éphémère. En 2012, alors que Ray devait assurer les inter-plateaux à la Nuit du blues à Ambon, il a invité Oliv’ à l’accompagner, et « en voilà une idée qu’elle est bonne », aurait dit Coluche. Ça fonctionne super bien, au point où l’enchainement se fait assez naturellement, et pérennise ce projet : alors que Ray passait jusque là du temps à chercher les dates pour jouer, ils se font depuis plus facilement contacter, et gagnent en sérénité. Ils en profitent donc, pour continuer d’avancer en gardant leur ligne de conduite : c’est un groupe de scène. S’ils adorent jouer en live plutôt que de travailler en studio ( à ce sujet, il faut que soit rapide et intuitif), le plaisir est justement partagé réciproquement par leurs fans sur scène; et forcément, pas loin de la maison, il va y en avoir des fans ce soir sur le Festival au Pont du Rock. La dernière fois, au Festival de soutien justement de Au Pont du Rock en Novembre, j’ai été épaté par les deux 3 premières lignes sur la crash : à fond i’Z’étaient, à fond ! J’ai adoré évidemment.
Mais dis moi d’ailleurs, tu sais toi pourquoi ce duo là, il a fait le concert de soutien en novembre et qu’ils sont à l’affiche pour cette édition 2026, après avoir fait quelques participations que ce soit déjà en The Blue Butter Pot il y a tout juste 10 ans en 2016, ou avec les Enfants de Morphée en 2012 pour Ray (hier quoi ! 😀 ), et chouia plus proche justement hier pour de vrai pas pour du beurre avec Child of Ayin pour Oliv’? Et bien tout simplement, parce que justement on a affaire de vrais humains, de ceux qui ont des valeurs et assument leurs choix. Oliv’ a été bénévole sur ce festival il y a quelques années, et l’attachement est toujours là, et réciproque. Respect.
Ce soir, ils sont sur la scène Grenouille. Ce que j’aime beaucoup avec eux, au delà de leur son blues rock mais non moins rauque, c’est leur empathie : alors qu’ils y vont fort sur le visuel, autant que sur les cordes (au point d’en casser une, ça arrive ! ) ou avec les baguettes, avec un son qui vous rentre dans les tripes, c’est qu’ils arrivent à te prendre par la main et te rassurer, et tu sais quoi? Ça passe. Tu prends du Stoner rock, fortement assaisonné de Blues rock, le genre de truc prêt à te rayer le gosier. Mais servis par les TBBP, tu avales du miel, de la guimauve voire même du marshmallow. Assister à un concert de The Blue Butter Pot, c’est comme faire une veillée au coin du feu en se racontant des histoires, pendant que le pote le plus hardi s’amuse à nous faire peur, l’autre nous épate avec sa gratte, et tous ensembles les coudes serrés pour se rassurer, on reprend les refrains en cœur en espérant que cette soirée ne se termine jamais… Encoooooooooooooore !!!
Leur univers est cohérent, jusqu’au bout des vinyles que l’on peut retrouver sur leur site ou les merch en marge des concerts. Voilà deux musiciens qui peuvent être fiers de leur bout de chemin déjà parcouru, avec sans nul doute de belles perspectives pour l’avenir.




















Superbus et ses 27 ans de carrière, forcément, ce n’est pas la première fois que je les vois. On y passe toujours toujours un bon moment, surtout à mon âge, entre instant nostalgique et léger. La scène est souriante et dynamique, on a tous en tête des paroles dans lesquelles on se reconnait, ou qui nous rappellent des souvenirs…
















40 ans, ça fait 40 ans que les écossais se sont réunis à Londres pour lancer l’aventure The Silencers. Autant te dire que tous les vieux dont je fais parti, ont encore tous en tête « Bulletproof Heart », entre autre, et que c’est un vrai plaisir non dissimulé que de les voir sur scène tout sourire. Mais c’est surtout un rock pop folk intemporel qui réunit toutes les générations. Jimme O’Neill (le local ou presque) pourrait porter le slogan, « la Bretagne ça vous gagne » : le temps n’a pas de prise sur le dynamisme de la scène, dopé par le bon air breton.












Morcheeba et son univers… officiellement, l’étiquette de trip hop leur est collée. Mais comme tu le sais, j’ai beaucoup de mal avec les étiquettes. Perso, moi, je retiens une scène groove, avec une pointe de pop, et surtout grave élégante. Skye Edwards a dû être charmeuse de serpent dans une autre vie : les émotions sont sincères, les regards le sont tout autant. Le son, la voix, la gestuelle s’entremêlent de façon langoureuse. La front-woman au contraire d’inciter à la compassion avec une atèle à la jambe, arrive à la dissimuler sous une longue robe noire et une gestuelle envoutante, chaleureuse, rassurante.














Sam Sauvage, c’est le nom de celui que je voulais voir cette année sur scène. J’ai découvert cet artiste l’année dernière pendant une déambulation mentale guidée par les algorithmes de réseaux sociaux, bref, en tout état de cause, je glandais sur mon téléphone. Depuis, je n’ai de cesse de vendre à qui veut l’entendre, sourds et mal-entendants compris, que ça doit être terrible à découvrir sur scène. Le festival au Pont du Rock a reçu toute mon estime, quand j’ai pris connaissance de la prog. De là, Momi et moi avons pris des cours de danse pour réussir à coordonner le déhanché avec le pied gauche… toujours aussi gauche; Momi m’a peint un T-Shirt du Festival au Pont du Rock, parce que je suis pas beau… bon, j’ai toujours de grandes oreilles, mais les gens y font moins attention quand ils s’arrêtent sur le dessin de ma nouvelle tenue; et la princesse Momiflette qui se lève le matin, le nez dans son premier café, les cheveux dressés sur la tête (et non, contrairement à ce qu’elle dit, « elle ne fait pas ce qu’elle veut avec ses cheveux »), en pleine réflexion sur « est ce que les moustiques vomissent? » a fini par accepter que sa sculpture capillaire (à l’image de Sam Sauvage) n’était pas plus importante que ces insectes qui peuvent potentiellement répandre son empreinte génétique, là où il leur semblent bon de régurgiter, en la mettant de façon hypothétique au centre d’une affaire criminelle bien malgré elle.
Alors que dire de plus sérieux? J’avoue que j’aurais beaucoup beaucoup, genre tout plein, mais vraiment, voulu poser quelques questions à Sam Sauvage, parce que ce jeune homme plein de talent m’interpelle. Mais je n’ai pas eu cette chance. Alors plutôt que de reprendre les entrevues que l’on trouve déjà sur le net, je vais juste m’en tenir par un « génial, j’adore, et je ne suis pas déçu »… du contenu, du contenant, de la légèreté, de l’engagement, du sourire. Momi me glisse à l’oreillette qu’à travers la démarche artistique de Sam, elle aperçoit le célèbre photographe Robert Doisneau qui mettait en lumière l’humain, certes avec quelques mises en scènes, justifiées par une sorte de caricature de la société.
Au plaisir de le recroiser.

















Georgio montre une proximité incroyable avec son public. On pourrait croire un instant que tous se connaissent : assister à un concert de Georgio, c’est comme se retrouver sur une terrasse de café, on se claque la bise, on se tape dans le dos, et on se donne des nouvelles. C’est une scène rap humaine.











Ça va vite, ça va fort, ça secoue, c’est Théa. C’est un peu une chute dans un trou profond pendant un cauchemar, sauf que l’on s’en sort encore plus vivant.











Et c’est ainsi que se termine l’édition 2026 du festival Au Pont du Rock. L’année passée à ce même moment tous étions inquiets pour le devenir de cet évènement. Si c’était encore un peu le cas jusqu’à hier, j’ai croisé des visages de l’orga bien plus détendus aujourd’hui. Si les chiffres restent encore à affiner, la jauge a été atteinte avec 15000 festivaliers ravis de leur WE et prêts à revenir l’année prochaine.
J’ai adoré une fois encore toutes ses rencontres, humaines, loufoques, sincères, et quoiqu’il arrive toujours souriantes. Un énorme merci à tous, artistes, organisateurs, bénévoles, pompiers/secouristes, sécu (avec un spécial big up pour Grand Mich), et les copains de la com’/presse/photos. Un coucou spécial à Maëlle qui est trop trop forte pour les surprises, et j’y associe une énorme pensée pour Petit Chat, parce que je sais qu’on se reverra, il ne peut pas en être autrement.
Je clos cette édition avec beaucoup d’émotions. C’était ma 19ième du festival au Pont du Rock, et elle était vraiment spéciale pour moi. J’ai pleuré un peu oui je l’avoue, mais j’ai ri évidemment aussi, j’ai refait le monde parce qu’il n’y a pas qu’un cheveux sur la tête à Matthieu, j’ai eu peur en étant épaulé par la méthode coué (« ça va bien se passer, en 2027 tu fêtes ton 20ièm festival au Pont du Rock, l’aventure ne peut pas s’arrêter là ! »), et j’ai profité d’une très belle prog.
Alors, on se retrouve l’année prochaine?














Pour revoir la soirée de vendredi, c’est par ici :
https://lemondedekiki.net/levendrediapdr2026/