Si quelqu’un de sensé peut m’expliquer pourquoi, quand on sait que l’on a une longue journée à tenir, et que l’on doit se lever tôt, on se réveille toujours beaucoup plus tôt, comme s’il s’agissait de relever un défi, un concours de celui qui a la plus grande… résistance à l’effort évidemment. Une fois encore, c’est le cas aujourd’hui. Alors que je dois me lever à 4 heures pour aller travailler, c’est à 2h30 que mes paupières ont décidé de jouer de la résistance, et refuser de s’abaisser. J’essaye de proposer un cil de fer entre les cils inférieurs et supérieurs de chaque œil, pour détourner le problème, mais à cela je n’obtiens comme réponse qu’un « pffffffff, œil pour œil, dent pour dent, solidarité oblige, on ne se fermera pas, et du café tu boiras ! ». Voilà voilààààààà !
Une journée de travail plus tard, je rentre à la maison en coup de vent, pour me sustenter, récupérer le matos et filer sur site pour ce cas pour deux jours. Cette année, c’est la 36ième édition. C’est aussi et je dirai presque surtout, une édition qualifiée de renaissance. Le Festival au Pont du Rock, le plus vieux festival de rock associatif et indépendant breton, aurait pu disparaitre l’année dernière en 2025, mais c’était sans compter la ténacité de l’orga, et la solidarité qui accompagne et porte ce bel évènement. Le concert de soutien organisé en novembre avec une superbe prog a permis une belle respiration pour imaginer cette édition 2026. Je suis pleinement heureux d’être présent une fois encore sur les terres de Malestroyennes, pour ce qui est ma 19ième édition du festival au Pont du Rock, ça ne nous rajeunit pas certes, mais pour de vrai, ça nous permet de ne pas vieillir !
17h, j’arrive dans les bras délicats de la princesse de Momiflette à l’espace presse (et non, je ne te permets pas de douter de la délicatesse d’un biceps de demoiselle qui ne porte pas plus qu’un flacon de vernis à ongles, parce que justement, c’est une princesse et qu’elle vous… ). L’accueil y est toujours aussi chaleureux. Ça claque la bisette par là, ça checke par ici, des sourires pudiques échangés, et de grosses accolades chargées d’émotions s’entremêlent. On y est les gars, ils l’ont fait, on va pouvoir profiter d’un WE intense avec une affiche plus que prometteuse.
17h30, Child of Ayin ouvre le festival sur la scène Dragon. Le front man franco américain, Jonathan Sellem, qui a bifurqué il y a un an dans sa vie professionnelle pour vivre pleinement sa musique, nous emmène avec énergie et empathie dans son univers mystique emballé d’un rock chaleureux teinté de folk. Je découvre une scène généreuse et passe un chouette moment.
A peine sortis de scène, les Child of Ayin rejoignent les stands « restauration », pour y donner un p’tit concert surprise et remercier les bénévoles d’être là tout simplement.












Fragile, un groupe venu tout droit d’Angers ose nous secouer et nous provoquer sur nos faiblesses en partageant les leurs. Du punk-rock assumé sur une scène explosive, on revisite le cri primaire, un exutoire partagé avec plaisir. D’un premier long EP en 2023, ils ont sorti leur premier album l’année dernière, « big big smile ». À découvrir au plus vite. 😉














Un retour pour un au-revoir? Oxmo Puccino se présente toujours aussi serein et souriant sur la scène Dragon, alors qu’il a sorti son ultime album « la hauteur de la lune » il y a moins d’un an. Il n’y a rien de triste, bien au contraire. Le conteur ose écrire la fin de son histoire pour ne pas prendre le risque de lasser après presque 30 ans de carrière. Le choix d’un artiste est toujours à respecter, mais nul doute que le rapeur manquera à son public, alors profitons.









Combien de fois j’ai vu les Wampas? Oh, ch’ais pas bien… Peut-être une main, ‘fin, 5 doigts quoi ! Il me semble bien que la première fois, c’était déjà au festival au Pont du Rock, en 2009. Mais ne te méprends pas, je n’ai rien de blasé, bien au contraire. Je suis vraiment super content de les retrouver pour partir en cacahuète en toute impunité. Avec eux, c’est un peu le début des grandes vacances… 1… 2… 3… lâââââââcheeeeeer priiiiiiiiiiiiiise ! On rit, on chante, on n’a pas honte en frôlant l’absurdité, la fête est plus folle avec leur son assurément rock. Mais quel bonheur !
















Après plus de 30 ans de carrière, lancée par Louise attaque en 1994, Gaëtan Roussel réussit l’exploit d’être fédérateur de toutes les générations ou presque. Entre nostalgie et appropriation, les festivaliers de tous âges attendent impatiemment le début du concert. Et c’est ensemble que les chansons sont reprises, souvent accompagnées de chorégraphies, toujours ponctuées par des applaudissements enthousiastes.










Si on avait des explications à tout, ça se saurait ! Si j’avais une réponse claire à « tu as aimé? », ça me permettrait aussi d’en avoir une à « tu n’as pas aimé? », et réciproquement.
Concrètement, j’ai toujours kiffé The Inspector Cluzo. C’est pour le coup clairement ma cam, le son que j’aime. Mais c’est fois ci, je surkiffe. Pourquoi? Nan mais tu suis un peu ou bien? Je viens de te dire que je ne sais pas forcément le justifier. Le duo landais toujours fidèle à ses valeurs (du live que du live, sans bande préenregistrée) dispense un rock incroyablement puissant et revisite l’effet blast en nous insufflant une putain d’énergie ! Encoooooooooooooooooore !!!












John Butler, s’il est né en Californie, il a pour autant grandi en Australie. Il s’initie à la guitare dès ses 16 ans, puis s’intéresse au banjo, et reçoit alors la Dobro de son grand-père en héritage. Il a commencé à jouer dans la rue jusqu’en 2001, où son second album l’a amené dans des salles. Et bien lui en a fait, bien il nous a fait… Son rock bluegrass, son sourire, sa simplicité, et son incroyable dextérité avec 4, 5 ou 6 cordes transforment ce set en un grand moment suspendu. Merci et bravo !











J’ai découvert Cachemire en 2022. Ils étaient tout en noir; c’étaient des furieux qui claquaient un rock avec une putain d’énergie brute. Je les ai retrouvé en fin 2025, ils étaient tout en blanc; c’étaient des furieux qui continuaient de claquer un rock avec une putain d’énergie brute, dans un écrin pilou pilou, surprenant mais réconfortant. On en redemande. C’est encore le cas ce soir : quelle cohésion sur scène, quelle cohésion avec le public… Tu l’auras compris, j’adore.













Synapson est de retour à Malestroit. J’avais adoré en 2022 pourtant. Alors sans doute étais-je trop fatigué ce soir, je n’ai pas profité autant. Je n’ai rien à reprocher, mais de mon côté, je ne suis pas rentré dans le set. Ceci dit, j’ai tout de même hâte à les recroiser pour me faire de nouveau surprendre comme en 2022, parce que maintenant je sais que c’est possible.











Sur cette première journée du festival au Pont du Rock 2026, les sourires se sont entremêlés, les mains se sont entrechoquées, les jambes se sont animées en rythme, les séants se sont dandinés…
7500 festivaliers se sont retrouvé pour fêter comme il se doit la renaissance du festival au Pont du Rock.
pour autant en backstage, il reste des sourires tendus, avec l’incertitude du lendemain… Les échanges avec les anciens de l’orga qui fuient le regard pour ne pas montrer les yeux humides sont très touchants. Moi, j’ai tellement envie d’y croire, j’ai tellement besoin que tous les efforts du plus petit au plus grand, du plus timide au plus effronté, du plus jeune au plus vieux portent ses fruits, et que la journée de demain soit aussi et assez folle que celle d’aujourd’hui pour pérenniser ce festival.
En attendant, je t’en propose, des sourires, de la joie de vivre, et du plaisir de partager ces moments sur le Festival au Pont du Rock ! Parce qu’un festival au Pont du Rock, c’est toujours ce que l’on en retient.




















Et très bientôt, suivra la journée de samedi… ne pars pas loin. 😉