On est le samedi 14 mars, et le réveil sonne tôt dans la maisonnée. Heureusement chacun sait ce qu’il a à faire, parce qu’il serait souhaitable de ne pas en oublier. Le grand Tom part en régate de deux jours, en casquette double d’organisateur, et de participant ; le petit Tom part sur deux jours de régates en simple casquette de petit padawan hyper motivé ; et moi, bah je pars pour deux jours de glandeur option taxi. Le van est plein, voire il n’y a plus un millimètre de vide, et on commence même à parler de compression du néant, en imaginant que la mise sous vide est déjà Has been. Et puis évidemment, c’est parti mon Kiki !
L’équipée arrive sur le plan d’eau Eugène-Ezanno, pour une grade 4 en VRC, sur mon support préféré : le classe M. Mais je n’ai pas le temps de dire « ouf », même pas « hein ? », encore moins « deux ! »… que l’on repart à fond les manoilles (bon, sans l’accent suisse ça fait pas la même:D ), pour rejoindre Carnac, où se déroule le championnat de Bretagne Dériveurs. À foooooooond, ou pas… Je n’ai que que 16 km à faire… Mais il n’en faudrait pas plus. J’enchaîne les 30Km/h, j’ai le temps de cueillir des pâquerettes en ouvrant les fenêtres, et le petit Tom entonne « it’s a small world after all, it’s a small world after all, it’s a small world after world, it’s a small small wooooorld… », j’installe la tapette à souris pour choper Mickey, mais je n’ai plus de fromage, j’ai déjà tout mangé … d’un coup d’un seul, je balaye toutes mes convictions sur le bien être animal, et envisage de donner de la bonne baguette française à Donald, histoire de le gaver et le faire chXXX, ce serait la moindre des choses que l’on pourrait faire ces derniers temps… et j’arrive 25 minutes plus tard, en PLS. Je me détends quelques courts instants en échangeant trois mots sur place : « amusez vous bien ! ». Et je me recale derrière le volant, pour affronter le trajet en effet miroir. Pas mieux, ou si, 2 minutes de moins, je devais avoir le vent dans le dos… De retour à Étel, les différents régatiers sont déjà là, un café à la main, se saluant, se réjouissant d’une météo ensoleillée et bien ventée, découvrant pour certains ce magnifique plan d’eau. À 11 heures, tout le monde confirme son inscription et reçoit son petit cadeau de bienvenue, alors que la paella qui chauffe nous ravit les narines. Ça parle de goéland et de carte bancaire, ça chambre un peu beaucoup, passionnément, mais Momi ne se laisse pas faire : quand on la cherche, on la trouve la princesse !:D À 11h45, le niveau sonore baisse d’un ton : les coups de fourchettes sont plus efficaces que les bouchons d’oreilles, le repas est servi avant de mettre les bateaux à l’eau. Il est environ 13 heures, après un court aperçu : le premier départ est donné. Gilles Bricout officie en comité pour la première fois en voile radiocommandée, et Didier Grèze ne cache pas sa joie en juge. Boris François de CNRE assure au FReg, en attendant le lancement de SCORE qui s’adapte encore à la pratique. Le briefing est bon enfant. Momi en profite pour annoncer sa surprise : partant de son principe de base, que tous les participants font d’une régate un jeu, et que les 3 premiers sur le podium n’auraient pas de valeur s’ils n’y avaient que eux, elle s’est permise de tirer au sort un numéro de voile parmi tous les participants, qu’elle garde secret, mais à qui elle préparera un collier de nouille en cadeau, qui sera remis à la remise de prix. Qui, quoi ? Personne ne le sait, sauf elle… Je me mets à genoux, la supplie pour en savoir plus, tente de rentrer dans sa tête pour essayer de trouver son secret, mais je me rends très vite compte, qu’il y a beaucoup trop de monde dans sa caboche, et que c’est un bordel incroyable entre éclats de rires et échanges d’idées pour en générer de nouvelles… Je renonce, et me recentre sur la régate. Le vent est orienté NNW tendant à l’ouest. Cette après-midi, ce sont les jeux A et B qui rivalisent sur l’eau. Tout le monde se régale, les sourires sont sur tous les visages. Christian Hivert semble très à l’aise, et nous fait de belles démonstrations de navigation, en prenant la tête de la régate dans un premier temps. Momi est assez taiseuse. Oui, c’est assez rare pour être relevé. Elle joue avec son nouveau boîtier, et c’est la première fois qu’elle l’utilise en VRC avec du soleil. Le défi est grand, mais il est évidemment très intéressant. Alors elle se permet un peu de concentration, surtout quand elle descend dans l’eau, il lui arrive d’être sérieuse. Jusqu’au moment où en jetant un œil sur sa montre, elle se rend compte qu’il est temps pour elle de rentrer sa tenue de princesse et son matériel pour retourner à Carnac chercher le petit Tom. Elle abandonne donc le plan d’eau d’Étel, et ses incroyables contrastes de lumières.
Cette fois, j’ai sorti le piolet et la
corde d’alpiniste, pour relever ce défi de taille : ne pas
craquer, suivre la voie sans se retourner, en invoquant l’éloge de
la lenteur, une progression lente mais sans risque pour la longue
chevelure lissée de Momiflette, et mes poils permanentés. À cette
vitesse là, rien ne bouge, ni le paysage, ni même le gravillon sur
lequel on roule : comme il est sympa, il fait semblant de sauter
dans le fossé, mais en fait il est payé par l’office du Tourisme
pour faire de l’animation, c’est un rôle d’acteur/cascadeur. La
preuve en est, quand il voit arriver un tracteur, tu peux y aller, il
se cache. Pas couillon le gravillon, il a pas envie de se faire
broyer sous les roues d’un Massey Fergusson. Inspiration, expiration,
je finis par arriver au Yatch Club de Carnac en plein état de
conscience… que j’en peux pluuuuuuuuuuuuuuus de compter les brins
d’herbes sur le bas côté de la route. Et à peine je pose un pied
sur le parking, juste les bateaux arrivent à la cale. Mais quel
timing ! Le petit Tom et son coéquipier sont en pleine forme.
Du moins, ils sont très contents, et épuisés. Ils ont fait 1/1/1
sur leur support. Leur coach est ravi, et dispatche quelques conseils
pour demain avec le sourire significatif d’une belle journée sur
l’eau. Allez, on repart dans l’autre sens ?
Ouaiiiiiiiiiiiiiiiis !!! 4ième fois de la journée, 16 km,
cette fois en 29 minutes. Un commentaire ? Nan, vas-y, abstiens
toi, s’il te plaît. Je vais bien, tout va bien. Le ciel devant nous
est noir, c’est incroyable. Et ce qui devait arriver arrive, on se
prend une drache tout aussi incroyable. J’en profite pour informer le
petit Tom que que le grand Tom, n’est pas aussi à l’aise dans sa
régate que lui. Il ne me semble pas avoir de soucis technique
particuliers, mais il faut avouer que cumuler les casquettes de
régatier et organisateur n’est pas toujours facile. Peut-être est
il un peu fatigué, ou peut-être à t-il un pet de travers, voire
une cloque au pouce, ou une entorse d’un sourcil ? Toujours
est-il que quand nous avons quitté le plan d’eau, il n’avait pas
montré son meilleur jeu.
Nous arrivons enfin à Étel sous le
ciel de nouveau bleu. Les routes sont mouillées, ce qui annonce que
l’averse est passée aussi par là. Le matériel est rangé, il reste
juste quelques skippers, mais la régate est finie pour aujourd’hui.
Le grand Tom semble content. En arrivant au camping, notre logement
du soir, il nous raconte qu’il s’est enfin mis dans la régate, qu’il
a changé ses réglages et qu’il se sent mieux, alors qu’ils ont fini
la journée sur la 12ième course. La soirée s’annonce paisible. Le
cadre est magnifique, avec une vue directe sur la barre d’Étel. Le
ciel se maintient au bleu avec un grand soleil. Et pour ne rien
enlever à tout ça, ça sent fort bon la pizza. Ce soir, c’est donc
une soirée tortues Ninja autour de pizzas dégustées avec les
copains.
Réveil tranquilou avec une vue imprenable ce dimanche matin. Le temps de partager un bon petit déjeuner et de ranger le chalet, je repars pour un dernier aller-retour à Carnac. On a le temps de se faire chatouiller les narines par les différentes boulangeries croisées sur le chemin, et on aurait presque eu le temps de récupérer du pain et des croissants en tendant le bras… On arriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiive ! J’accompagne le petit Tom, on checke ses affaire, et je l’abandonne pour son deuxième jour de régate. Je ne fais pas le détail de mon retour à Étel, tant je pourrais en faire… Ah c’est sûr que à 30 km/h, j’ai le temps d’en relever des détails… Bon, passons. J’arrive au plan d’eau, alors que tout le monde est déjà là, et même les bateaux sont à l’eau. Patricia Holl est là pour prendre la relève sur FReg de Boris, qui est en repos bien mérité. Momi lève le nez, hésite environ 2 secondes et demi, relève le col de son blouson, et file chercher son bonnet. Je comprends rapidement, qu’elle a vainement cherché la motivation pour aller se mettre à l’eau en priant pour ne pas la trouver, et que pour le coup la motivation en a profité et n’est pas restée à 30km/h, et qu’elle a filé avant que la princesse ne l’attrape. On finit donc dans le van en mode bureau, l’ordinateur allumé, à préparer la surprise prévue. Ce n’est que vers 11 heures, que l’on se décide à sortir voir ce qu’il se passe sur l’eau. Momi prend son matos sur l’épaule, armée de cette sage décision de ne pas se mettre à la baille tout de suite. Bien lui en fait, car vers midi, l’heure du repas est sonné. Ce midi, c’est Ludo, notre nouvel adhérent à la SRVannes qui se colle aux fourneaux, pour nous servir de succulentes assiettes de Rougail saucisses. On partage alors des souvenirs de nos premières navigations dans le golfe du Morbihan, qui remontent en 1979 pour ma part, sans sondeur évidemment, et sans autre technologie qu’un gamin sur le balcon avant dont j’ai fait parti comme tant d’autres, les yeux fixés : « y a d’l’eau ! » ou « y a pas d’eauuuuuuuuuuuuu !!!». Mais aussi des premiers Spis Ouest-France où l’on fêtait Pâques, en sortant de la cabine du bateau en pyjama le dimanche matin pour chercher les œufs cachés sur le pont, le mât, les voiles, les drisses… avec le Paul Ricard de l’autre côté du môle. 😀 Alors que le repas se termine, et que les gars repartent sur la ligne de départ, Momi finit de préparer sa surprise, et les rejoint sur le plan d’eau, du moins, dedans avec sa tenue de princesse cette fois. Cette fois le vent est SSE et bascule sur du SSW. Ils ont commencé en jeu A mais finissent par sortir les jeux B, et le tout sous le soleil, même si le vent reste bien frais. J’en profite pour discuter avec des copains et des copines de passage venus faire leurs curieux avisés pour notre plus grand plaisir. Peut être un jour les verra-t-on essayer la VRC ? En attendant, la dernière course vient de se terminer, la 24ième du WE. Tout le monde range son matériel, et se retrouve pour la remise des prix.
Comme promis l’ensemble des participants est remercié sincèrement d’être venu, et félicité pour le jeu propre. Momi annonce donc que c’est la voile ITA35 qui a été tirée au sort, et gagne donc un cadre souvenir de la régate : bravo à notre italien Giorgio Pinzani, 8ièm au classement de cette Euro Breizh 2026, qui repart avec cette surprise. Mais merci et bravo à tous une fois encore d’avoir joué le jeu dans tous les sens du terme. Un énorme merci également à Gilles Bricout, Didier Grèze, Boris François, Patricia Holl (qui s’est cachée sur la photo 😉 ), et Nono, sans oublier le CNRE, et la mairie d’Étel.
Il est temps pour nous de finir de ranger le matériel, et de rentrer à la maison dans les temps pour voter ! Au plaisir de se recroiser, ici ailleurs, ou dans le petit club de la Société des Régates de Vannes à Conleau, pour se boire un café et papoter au cœur du Golfe du Morbihan en toute simplicité.

















































































































Top, comme d’hab!
Merci beaucoup, et merci encore pour ta participation… sur le podium, champion ! 😉